Comparateur de dalles : OLED, QD-OLED, IPS et VA comparés
IPS, VA, OLED, WOLED, QD-OLED : derrière ces sigles se cachent des rendus très différents, et une fiche technique ne dit jamais tout. Deux écrans annoncés « 99 % DCI-P3 » peuvent offrir des couleurs visiblement inégales, et un contraste « 1000:1 » n’a rien à voir avec le noir parfait d’un OLED. Choisir une dalle à l’aveugle, c’est risquer de payer pour des caractéristiques qui ne se voient pas, ou de passer à côté de celles qui comptent vraiment.
Pour rendre ces écarts visibles, j’ai développé un comparateur de dalles. Il affiche une mire de référence, accepte vos propres images et illustre un point souvent mal compris : la couverture d’un espace colorimétrique ne suffit pas à juger du rendu. Vous voyez concrètement pourquoi deux dalles « équivalentes sur le papier » ne le sont pas à l’œil.
Comparateur de dalles : OLED, IPS, VA et TN
Version 1.2
Choisis deux technologies d'écran et compare leur rendu sur la même image : noirs, contraste, angle de vue, lumière de la pièce et couverture des couleurs en sRGB ou DCI-P3.
Sur la fiche technique, une dalle WOLED 4e génération (99,5 % DCI-P3) bat une QD-OLED (98 %). Mais ce pourcentage est mesuré à faible luminosité : il décrit la surface du triangle des couleurs, pas leur éclat. Monte la luminosité pour voir la différence, à blanc identique sur les deux écrans.
noixdecitron
Sources : TechSpot (TN, VA, IPS : contraste, angles, réactivité, couleurs), TFTCentral (Primary RGB Tandem, grey banding), Samsung Display via OLED-Info et Tom's Hardware (QD-OLED Penta Tandem), MSI (noirs des QD-OLED en pièce éclairée), FlatpanelsHD (luminosité des primaires du LG G5 et des QD-OLED Samsung S95), TFTCentral (couverture 2D et volume colorimétrique). Simulation indicative : ton propre écran limite ce que tu peux voir. Les liens peuvent être affiliés.
Les grandes familles de dalles
Trois grandes technologies se partagent aujourd’hui le marché des écrans, chacune avec ses compromis.
IPS : la polyvalence
La dalle IPS offre des angles de vision larges et des couleurs stables, ce qui en fait un choix sûr pour la création comme pour la bureautique. Son point faible reste le contraste, souvent autour de 1000:1, avec des noirs qui virent au gris dans le noir complet. Le fameux « IPS glow », une légère lueur dans les angles sur fond sombre, en découle directement.
VA : le contraste
La dalle VA inverse les priorités : son contraste natif, de 3000:1 à 5000:1, donne des noirs bien plus profonds qu’une IPS. En contrepartie, les angles de vision sont plus étroits et les transitions entre tons sombres plus lentes, ce qui peut provoquer un léger maculage en mouvement. C’est un bon compromis pour regarder des films dans une pièce peu éclairée.
OLED : WOLED contre QD-OLED
Sur une dalle OLED, chaque pixel produit sa propre lumière et peut s’éteindre totalement : le contraste devient quasi infini et le temps de réponse est le plus bas du marché. Deux approches coexistent. Le WOLED (LG Display) ajoute un sous-pixel blanc pour gagner en luminosité. Le QD-OLED (Samsung Display) utilise une couche de points quantiques qui convertit une lumière bleue en couleurs pures. Les deux sont excellents, mais ne rendent pas les couleurs de la même façon, et c’est là que la nuance devient intéressante.
La couverture n’est pas le volume de couleurs
C’est le malentendu le plus répandu. La couverture, exprimée en pourcentage du DCI-P3, indique quelles couleurs l’écran sait atteindre à faible luminosité. Le volume de couleurs, lui, mesure si ces couleurs restent saturées quand la luminosité monte. Or une couleur vive dans une haute lumière, c’est précisément ce que l’œil perçoit comme « éclatant ».
Résultat : un WOLED annoncé à 99,5 % du DCI-P3 peut sembler moins vif qu’un QD-OLED à 98 %, parce que le sous-pixel blanc du WOLED désature les hautes lumières, là où les points quantiques du QD-OLED conservent une couleur pure. Le comparateur met cet écart sous vos yeux au lieu de vous laisser avec deux pourcentages trompeusement proches.
Quelle dalle pour quel usage
Pour un usage mixte et lumineux, une bonne IPS reste pertinente. Pour le cinéma dans le noir sans budget OLED, la VA tient la corde. Pour le jeu, la création exigeante et le meilleur rendu possible, l’OLED s’impose : privilégiez le QD-OLED pour l’éclat des couleurs, le WOLED pour une luminosité soutenue sur de grandes surfaces claires. Le comparateur vous aide à visualiser ces différences avant de trancher.