noixdecitron.tech

Chargement...

noixdecitron.tech

Inscription

Écran - 13 janvier 2026

OLED, QHD et 500 hz, revenons sur le G60SF Odyssey de Samsung

Si nous avons eu en ce début d’année beaucoup de belles innovations sur le marché des moniteurs OLED lors du CES 2026, il ne faut pas non plus oublier celles qui ont été lancées il y a quelques mois. Aujourd’hui, prenons quelques instants pour parler du Samsung Odyssey OLED G6 (modèle G60SF), qui profite d’une fiche technique excellente et qui ne doit pas être délaissé.

Sorti mi-2025, ce moniteur 27 pouces QHD promet de réconcilier deux mondes souvent opposés : la fidélité colorimétrique absolue du QD-OLED et la fluidité extrême jusqu’alors réservée aux dalles TN des pros de l’eSport. Mais derrière l’étiquette « 500 Hz », que se cache-t-il réellement sous le capot ? S’agit-il d’une simple overclocking ou d’une véritable évolution structurelle ? Analyse technique.

Dalle et Architecture : La nuance du « Gen 3.5 »

Le cœur du G60SF repose sur la technologie QD-OLED (Quantum Dot OLED) maison de Samsung Display, qui profite d’un certain nombre d’avantages vis-à-vis du concurrent LG Display et de sa technologie WOLED. Cependant, une clarification technique s’impose.

Contrairement aux rumeurs de « Gen 4 » qui circulent parfois sur les forums, ce modèle exploite une architecture de pixels de 3ème génération optimisée. Concrètement, si les matériaux organiques émetteurs restent similaires à la génération précédente (G60SD), l’innovation majeure se situe au niveau du Driving Backplane (le circuit de pilotage arrière).

Samsung Display a revu la matrice TFT pour supporter un taux de rafraîchissement natif de 500 Hz en définition QHD (2560 x 1440), là où la Gen 3 standard plafonnait à 360 Hz, sans sacrifier la luminosité ou la durabilité de la dalle.

Mieux, là où la Gen 3 profite d’une certification DisplayHDR TrueBlack 400, celui-ci monte à 500, étant donc au même niveau de luminosité en TrueBlack que toutes les nouvelles refs Tandem OLED ou GEN 5 présentées fin 2025 et début 2026. Pas mal, pour un moniteur lancé en Mai 2025.

L’autre point qui le distingue de sa précédente version à 360 Hz repose sur sa fidélité des couleurs. Grâce à sa validation Pantone, l’Odyssey OLED G6 peut afficher plus de 2 100 couleurs certifiées ainsi que plus de 110 nuances de tons de peau, permettant d’avoir un rendu plus naturel pour les créateurs qui utiliseraient cet écran pour travailler de l’image (photographie, graphisme, montage vidéo…) en plus du Gaming.

Cette certification Pantone permet également d’avoir une justesse globale en SDR (en HDR les réglages de l’image sont envoyées par la source) permettant de profiter des jeux avec des teintes au plus proches de ce qui a été fait par le studio.

Côté compétitif

L’association du 0.03ms (GtG) de temps de réponse, inhérent à l’OLED, couplé à 500 images par seconde, offre une clarté de mouvement (motion clarity) théoriquement parfaite. Le flou de mouvement est quasi inexistant, rivalisant directement avec les écrans TN 540 Hz à technologie ULMB 2, mais sans les artefacts de stroboscope (BFI).

Pour l’anecdote, les écrans TN e-sport se trouvent souvent au même prix voir parfois plus cher que les écrans OLED, comme avec cette référence de ROG ou celle-ci de Zowie.

Bien entendu, pour profiter de ces 500 Hz il faut que votre PC soit suffisamment véloce pour tenir AU MOINS et de manière constante 500 FPS en jeu, que les réglages de vos jeux soient adaptés mais surtout que votre jeu soit compatible (le moteur d’Apex Legends par exemple est bloqué à 300 FPS)

À ce sujet, ne tombez pas dans le piège du DLSS et de la génération d’image. Si ces solutions techniques d’Nvidia sont excellentes pour augmenter de manière considérable le taux d’images par seconde, c’est au détriment d’une latence qui augmente également de manière importante.

Dans l’idéal, pour profiter pleinement de ce genre de moniteur, c’est sur des titres compétitifs comme Counter Strike ou Valorant (entre beaucoup d’autres) avec des réglages graphiques adaptés à votre configuration. Je ne dis pas que cet écran ne sera pas un bon compagnon pour World of Warcraft, mais un MMORPG en 500 Hz n’apportera pas grand chose de plus.

Est-ce toutefois un bon écran même si on ne joue qu’à 180, 240 ou 320 FPS ? Oui.

Si sa performance en Hz est une valeur importante à considérer, l’écran représente le produit entier. C’est ce que je répète souvent à mes abonnés ou dans mes vidéos, mais un écran n’est pas « trop » bon pour vous, dans la mesure du raisonnable bien entendu. Un écran 8K miniLED HDR3000 pour de la bureautique est bien entendu inutile pour de la bureautique, mais vous voyez l’idée.

Même si vous ne jouez pas à 500 FPS+, vous profiterez tout de même de la colorimétrie de la dalle QD-OLED Gen 3.5 ainsi que de sa luminosité supérieure et de la durabilité inhérente aux évolutions de générations. Si le burning (les brulures sur l’OLED) vous font peur, j’ai un article à ce sujet qui montre le résultat sur une dalle QD-OLED allumée 5000 heures en 2 ans.

La technologie Safeguard+

C’est probablement l’innovation la plus sous-estimée de ce modèle. Là où la concurrence utilise souvent des ventilateurs actifs (bruyants à la longue) ou de simples feuilles de graphite, le G60SF inaugure le « Pulsating Heat Pipe » (Caloduc Pulsé) au sein de sa suite technologique OLED Safeguard+.

Comment ça marche ?

Il s’agit d’un système de refroidissement dynamique à changement de phase. Le liquide de refroidissement s’évapore au contact des zones chaudes de la dalle, migre vers les zones froides pour se condenser, et revient par capillarité. Selon Samsung, ce système diffuse la chaleur 5 fois plus efficacement que les solutions graphite traditionnelles.

Pourquoi c’est crucial ?

– Silence absolu : Pas de ventilateur et pas de risque de panne.

– Durabilité : Une température de jonction plus basse réduit drastiquement le risque de burn-in (marquage), permettant à Samsung de pousser la luminosité sans crainte.

Revêtement « Glare Free »

Pour son revetement ani-reflet, le G60SF utilise la technologie OLED Glare Free. Il s’agit d’un traitement mat, certifié par UL, qui diffère des dalles mates granuleuses d’ancienne génération.

L’objectif technique est de réduire les réflexions spéculaires (l’effet miroir) sans sacrifier la densité des noirs, talon d’Achille habituel des traitements mats face aux dalles glossy. D’après les données constructeur, ce film réduit les reflets de 54% par rapport aux films anti-reflets conventionnels, bien que les puristes de l’image préféreront toujours le glossy pour le « pop » des couleurs et le côté plus précis/net de l’image.

La connectique

Sur ce point, Samsung a selon moi râté une bonne opportunité. Certes le moniteur embarque deux connecteurs HDMI 2.1, mais son DisplayPort est en… 1.4. À une époque où le DisplayPort 2.1 se démocratise et qu’il existe des écrans en DisplayPort 2.1 UHBR10, 13.5 ou 20 pour profiter d’une image sans compression, c’est un peu dommage.

En effet, le DisplayPort 1.4 n’a pas la bande passante brute (32.4 Gbps) pour supporter du 1440p à 500 Hz en 10-bit couleur sans compression. L’écran utilise donc obligatoirement le DSC (Display Stream Compression). Bien que le DSC soit « visuellement sans perte » pour un bon 97% de la population, l’absence de DisplayPort 2.1 sur un écran « Premium » de 2025/2026 est un choix regrettable face aux GPU modernes qui en sont équipés.

Toutefois pas de panique, l’écran reste parfaitement utilisable en DisplayPort ou en HDMI, la compression étant automatique.

Comparaison et données RTINGS

À la date où je publie cet article, le laboratoire indépendant RTINGS n’a pas encore publié de test complet spécifique à la référence exacte G60SF (500 Hz).

Cependant, leur test du modèle précédent, le G60SD (360 Hz), saluait déjà une précision des couleurs quasi-parfaite après calibration et un input lag minime. On peut extrapoler que le G60SF conserve ces qualités colorimétriques (même dalle organique) tout en réduisant encore l’input lag grâce au rafraîchissement accru.

Face à la concurrence :

Vs TN 540 Hz (Asus ROG) : Le TN garde un léger avantage théorique de latence pure, mais l’image paraît délavée face au contraste infini du QD-OLED, sans parler des angles de vision réduit en TN.

Vs WOLED 480 Hz (LG) : La dalle QD-OLED du Samsung offre une meilleure saturation des couleurs dans les hautes lumières (volume couleur environ 35% supérieur) grâce à l’absence de sous-pixel blanc diluant. C’est l’un des gros défauts des dalles LG.  Pour les plus curieux, j’ai publié il y a quelques mois un test du Sony M10S qui embarque justement une dalle 480 Hz W-OLED.

Conclusion

Le Samsung Odyssey OLED G6 (G60SF) est une démonstration de force. En optimisant le pilotage de sa dalle QD-OLED Gen 3 pour atteindre 500 Hz, Samsung livre un produit excellent pour le joueur compétitif qui refuse de sacrifier la qualité d’image.

Si l’on regrette l’absence de DisplayPort 2.1 limitant l’évolutivité « native » sans compression, la présence du refroidissement passif Safeguard+ en fait l’un des OLED les plus rassurants du marché en termes de longévité, également garantie 3 ans contre les brulures de pixels.

Pour les possesseurs de configurations PC très haut de gamme capables de tenir 500 FPS en 1440p, c’est actuellement l’un des meilleurs produits disponibles.

Où trouver cet écran ?

Il faudra vous méfier avant de passer à l’achat, Samsung ayant la (très) mauvaise habitude de donner le même nom à de nombreux produits différents. Le Samsung Odyssey G6 existe donc en de nombreuses versions et technologies différentes, ce qui ne facilite pas le choix pour le consommateur.

Pour ne pas vous tromper, sa référence 500 Hz est disponible chez :

Chez Cybertek en promo à 799€

Chez Amazon en promo à 797€

Si le budget de sa version 500 Hz/TrueBlack 500 est un peu trop élevé, sa version 360 Hz est disponible juste ici.

Sources :
Communiqué de presse Samsung
Fiche produit constructeur

Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour laisser un commentaire et compléter vos quêtes !